Le toilettage
Selon 
J. FOURNIER (EDUCANIS)
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www.educanis.com

 

Brosser son chien, le laver, le pulvériser à l’insecticide, lui couper les ongles, désinfecter une plaie ou administrer un médicament tourne trop souvent à l’épreuve de force : le chien se débat, mordille ou même grogne, essaie de s’échapper, le maître s’énerve, crie, et chaque tentative devient plus difficile. Pourtant, en suivant quelques règles simples il est possible d’effectuer toutes ces manipulations dans le calme et la détente, certaines deviennent même un plaisir pour le chien. En fait les problèmes découlent d’erreurs involontaires commises par le maître.

 

CE QU’IL FAUT ÉVITER

Tenir le chien par son collier ou poser la main sur la nuque

Le simple fait d’attraper le collier et d’essayer ainsi de contraindre le chien à l’immobilité provoque une réaction de défense, comme d’ailleurs tous les gestes dirigés brusquement sur la nuque du chien.

Le maître croit que son compagnon se débat parce qu’il n’aime pas la brosse, en fait c’est parce qu’il est tenu par le cou.

Crier, s’énerver, essayer de faire de l’autorité

Inutile de crier « pas bouger », « sage », « chcht », etc. ou de répéter le nom du chien sur un ton sévère : plus on hausse la voix et plus l’animal stressé s’excite. Les menaces peuvent même conduire à des réactions d’agressivité ; l’effet est encore pire quand on s’y met à plusieurs pour essayer de bloquer le chien. Rappelez-vous que l’énervement est contagieux.

 

CONSEILS GÉNÉRAUX

Exercices préparatoires

En dehors de tout contexte de soins, il est fort utile de préparer le chien dès son plus jeune âge à supporter d’être touché sur toutes les parties de son corps, y compris les pattes, les orteils, la queue, les oreilles, les babines. Pour cela on le manipule régulièrement avec douceur (tous les jeux d’excitation, de bagarre ou de mordant vont à l’inverse du but recherché). D’autre part on se facilitera considérablement la tâche par la suite en apprenant à son chiot trois ordres de base : assis, couché et debout (utiliser une laisse au départ), qu’on associera à d’abondantes caresses et marques de satisfaction.

Ne pas essayer de le faire venir à soi

Si le chien se méfie déjà de la brosse, des ciseaux, du flacon ou autre (car il a associé ces objets à une situation conflictuelle et négative pour lui), il est évident qu’on n’a pas intérêt à l’appeler en les lui montrant car il va se sauver. On ira donc le chercher avant de prendre les objets en question, en choisissant de préférence un moment où il est calme et détendu.  

Oh non !!! Pitié... Pas de bain... Pas de bain...

Mettre une laisse au début

S’il faut l’emmener à un endroit particulier, on utilisera la laisse (sans tirer dessus) ou on le portera dans les bras. En posant un pied sur la laisse on n’aura plus besoin de mettre la main au collier pour que le chien reste sur place. La main se place au poitrail du chien.

Permettre au chien de sentir l’objet

Le chien a besoin d’identifier l’odeur de l’objet avec lequel on va le toucher, qu’il s’agisse d’une brosse, d’une paire de ciseaux, d’un pulvérisateur, d’un flacon, etc…

On va donc poser l’objet sur le sol à côté de lui et de laisser sentir tranquillement (ne pas l’approcher de son nez).

S’accroupir latéralement

Se placer face au chien, pencher le buste vers lui en avançant la main est une posture qui évoque la menace et provoque donc généralement des tentatives de retrait ou de défense.

Il est donc préférable de s’accroupir à côté de lui ou derrière lui (la main est toujours posée sur le poitrail) ; si on ne peut pas s’accroupir on s’assied sur un siège bas ou si le chien est petit on peut le poser sur une surface surélevée.

Parler doucement, rester calme  

Il est capital de transmettre à son compagnon un sentiment de tranquillité et de détente afin qu’il considère la situation comme non dangereuse pour lui.

Il faut donc parler très doucement ou même chuchoter, en utilisant des mots positifs, même si le chien s’agite au début : il finira par se rassurer si son maître reste patient (c’est l’affaire de quelques minutes au plus). Le calme est lui aussi contagieux.

 

LA TOILETTE

Laver le chien

Si on veut laver le chien dans la baignoire, on aura pris soin auparavant (dans les jours ou les semaines précédant) de le poser plusieurs fois dans la baignoire (prévoir un tapis antidérapant) ou mieux encore de lui apprendre gaiement à y sauter en utilisant au besoin un jouet. Durant cette phase on ne fait pas couler d’eau, on pratique « assis » et « debout » dans la baignoire puis on lui permet d’en sortir.

Quand il sera bien habitué à cette situation on pourra faire couler l’eau (tiède) en utilisant la pomme de douche, qu’on dirigera d’abord vers le fond de la baignoire et pas directement sur le chien.

On pourra ensuite doucher les pattes, les reins, les flancs ; on réserve les épaules et la nuque pour la fin car c’est lorsque cette partie est mouillée que le chien cherche à s’ébrouer.

Attention à ne jamais faire pénétrer d’eau dans les oreilles. Une fois que le chien est mouillé on peut le savonner ou le masser avec un shampooing en continuant à le complimenter. Néanmoins je conseille d’éviter au maximum tous les produits de lavage car ils affaiblissent les défenses de la peau (risques d’eczémas) et diminuent la protection thermique du pelage (anti-froid mais aussi anti-chaud). Réservez le shampooing aux salissures grasses (le chien s’est roulé dans le cambouis, la crotte ou la charogne), s’il est simplement boueux un simple rinçage suffira amplement.

On peut aussi doucher le chien à l’extérieur avec un jet, on lui aura appris auparavant à rester sagement debout à l’endroit choisi. Pour pulvériser le chien avec un produit insecticide, la marche à suivre est exactement la même. Il est bon aussi de le rafraîchir avec un pulvérisateur d’eau pendant les grandes chaleurs surtout lors des trajets en voiture, votre compagnon vous en sera reconnaissant.

Sécher le chien

Après l’avoir fait sortir de la baignoire, on le fait aussitôt asseoir. Idem, s’il rentre mouillé d’une promenade ou s’il est resté sous la pluie dans le jardin on lui donnera l’habitude de s’asseoir toujours au même endroit devant la porte, de préférence sur un tapis devant la porte, de préférence sur un tapis spécial (penser à utiliser la laisse au début).

On se munit d’une serviette-éponge ou d’un chiffon bien absorbant et on commence par essuyer l’une après l’autre les pattes de devant (demander « la patte ») puis le poitrail, en s’accroupissant devant le chien. On demande ensuite « debout » et l’on essuie les pattes arrière, les cuisses, les reins, les flancs. On peut lui apprendre à faire demi-tour (demander « tourne ») pour présenter l’autre côté en claquant des doigts devant lui pour le faire avancer. On termine en frottant les épaules et le cou du chien.

Cette façon de procéder permet que le chien participe activement à sa toilette au lieu de la subir : cela contribue à lui donner un sentiment d’utilité très positif pour son équilibre et la complicité avec son maître. Très vite le chien enregistre la succession de mouvements de ce rituel et les effectue volontiers.

Certaines personnes utilisent un sèche-cheveux, à mon avis c’est beaucoup moins efficace et agréable, et demande que le chien tolère le bruit et le souffle. Pour l'y accoutumer on aura pris soin de faire fonctionner le sèche-cheveux plusieurs fois au préalable sans le diriger vers lui (par exemple se sécher les cheveux en sa présence).

 


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